Histoire

SAUVIAC, anciennement Salviacum, tire son nom d'un certain Salvius, Gallo-Romain qui y posséda une villa.


Les textes du Moyen âge, pendant l'occupation anglaise, font mention de Sobiak qui, plus tard, devint Sauviac.


Sa population appartient à la tribu des Vasates (vraisemblablement d'origine ibère) dont la capitale "Cossio Vasatum", aujourd'hui Bazas, est connue depuis le premier siècle. Bazas devint une importante place militaire, puis évêché à partir du 4èmesiècle. Son histoire domina longtemps celle des villages voisins.


Les terres du Sauviac actuel, situées sur la rive ouest du ruisseau du Moulin (Lifoy, Mouzès, Lardon, etc.) ont fait partie de Bazas jusqu'à la fin du 18ème siècle, alors que Sauviac, limité au nord et à l'ouest par le ruisseau du Moulin, ailleurs par ses bornes actuelles, formait une paroisse de l'Evêché et une juridiction dépendant du Présidial de cette ville. Son Seigneur était vassal du Duc d'Albret. L'Eglise Sainte-Praxède, d'aujourd'hui, a conservé des fenêtres à sertissage de plomb, datant du 11ème siècle et l'arceau du Chœur, du 12ème. Transformée en grange, pendant la Révolution, l'église dut être réparée lors du rétablissement du culte en 1802. Curé de Sauviac jusqu'en 1791, l'abbé Laurent fut remplacé par un certain Vinolles qui semble bien avoir "juré"... Un prêtre du diocèse d'Agen, l'abbé Couderc, ci-devant curé de Lubbon, se réfugia au château de Sauviac en 1792 et assura le service pendant toute la durée de la persécution. La pierre sacrée, qu'il emportait dans une boîte suspendue à son cou pour aller dire la messe dans les métairies fidèles, est encore conservée ainsi que la malle dans laquelle il se cacha lors d'une perquisition. Nommé curé de Sauviac, en 1802, il y mourut en 1826 et repose dans son cimetière.



L'église
Église Sainte-Praxède, de style roman, du XIe siècle, restaurée au XIXe siècle : nef lambrissée et deux chapiteaux romans au chevet.
L'église Sainte-PraxèdeLe chevet de l'église Sainte-PraxèdeLe portail de l'église
Les châteaux
Nous pouvons étudier un groupement fort étrange de cinq châteaux, dont quatre forteresses anciennes, réunis dans un rayon d'un kilomètre et dont la concentration s'explique mal.

L'endroit où furent exécutés ces travaux stratégiques est l'aboutissement de trois vallons. Celui de l'ouest est arrosé par un petit affluent du ruisseau de Sauviac, le ruisseau de Conques. Ce nom rappelle une ancienne église dont les débris se perdent dans le sol au lieu de Monom et où jadis, prétend-on, fut conservé le reliquaire du sang de saint Jean, en forme de coquillage ou de conque. Les deux autres vallons sont formés par le ruisseau de Sauviac qui tourne presque à angle droit après avoir reçu le ruisseau de Conques et passe de l'est au nord. Le plus ancien des châteaux que nous allons examiner s'appelle La Motte et domine la rive gauche du ruisseau de Conques. On y trouve une élévation de terre presque circulaire, seul souvenir de l'ancien fort.

Une autre motte, appelée La Motte de la Font, avait été construite près de la route qui va de Sauviac à Lerm; il n'en reste même plus les décombres.

Plus intéressantes sont les ruines de l'ancien château, dont la combinaison de fossés, simples, doubles et même triples, fort bien conservés, de vallums, de barbacane, de fortins détachés, de traces de porte d'entrée et de débris de donjon carré, constituent dans un espace fort restreint, au milieu des chênes et des taillis, un monument fort curieux à étudier. Cette forteresse ne paraît pas antérieure au xIe siècle. Vers l'est, sur le sommet de la colline, près d'une métairie, un tertre gazonné présente les restes également dignes d'attention du Donc. Doue, en patois gascon, veut dire butte, élévation, motte, et les racines linguistiques de ce mot peuvent se ramener à d et uk qui signifient : tête élevée. Ici, le doue n'est pas seulement une simple butte, c'est un vrai château fort dont il ne demeure plus que les terrassements délimitant le plan très précis de l'édifice disparu.

Cinq grosses couronnes de terre en bourrelet indiquent la place des quatre tours rondes d'angle et du donjon intérieur; elles sont placées sur une terrasse limitée par des fossés arrondis et vers le sud on peut arriver à distinguer les éléments d'une barbacane surmontée de deux petites tours placées sans doute à la porte d'entrée du château. L'ensemble, par ces divers caractères, semble être du tille siècle. Enfin le château moderne, construit au xvne siècle, sur un pli de terrain assez accusé.